quatre heures
il reste encore du monde dans ce petit appartement
tu te laisses couler sur ton lit
ne cherchant plus à t'étonner des inconnus qui pillent ton monde
il est à toi ce monde
c'est celui dans lequel tu vis
et pourtant
quatre heures
un peu surélévée tu cherches à montrer
que ce monde est le tien, encore un peu le tien
il y a des mots et des musiques qui s'engagent en toi
tu es violée par les conservations des autres
tes pensées à toi n'ont plus de force pour ne pas se laisser dominer
tu te dis que tu seras peut-être enfin seule
enfin toi
quand le jour reviendra, bientôt
quatre heures
tu entends du Baudelaire
tu hurles, mais personne ne t'entend vraiment
il y a ce spleen que tu tentes de tuer quotidiennement
et il y a ces autres qui l'insinue dans tes oreilles sans que tu puisses les boucher
tu entends Gainsbourg
tu te rends compte du nombre de fois où sont dit les mots "je t'aime" dans ses chansons
nul doute que c'est plus que ceux entendu au creux de tes oreilles depuis ta naissance
et comment
quatre heures
il y a une odeur d'illicite
tu ris à l'intérieur
tu sais que les clichés ont envahi ton petit appartement
la jeunesse, la belle jeunesse
tu comprends pourquoi, maintenant
elle crève d'un mal idiot : le stéréotype
la jeunesse se ridiculise elle-même, au coeur même de ton univers
et toi, tu ris encore plus fort
quatre heures
tu te sens vieillie
parce que tu te sens hors d'eux
ta bulle est belle
et le bouquet de lys blancs que tu aperçois sur ta table
te rappelle les non-dits de ton propre corps
cinq heures
l'heure est venue
tu ouvres grand la porte de ton appartement
et c'est cette belle jeunesse aux doux clichés
que tu aimes tant porter en sourire sur tes lèvres
que tu mets dehors
dans le froid glacial de l'hiver
tu l'entends partir
et fredonne la vie en rose
cinq heures
le silence est revenu
quelques bribes de minutes suffisent à ramasser
les cadavres de bouteilles qui corrompent ton univers
tu enlaces ta pudeur en replaçant ton petit paravant devant ton lit
tes lys blancs trônent
l'odeur de cannelle reprend sa place maîtresse
et Blonde Redhead diffuse sa splendide musique dans tes oreilles réconfortées
cinq heures
sur ton lit de coussins
finalement tu n'as plus sommeil
alors tu t'amuses à compter
deux sacs poubelles remplis de verre clochardisé
un rouleau de papier toilette
et un vomi dans l'escalier
les clichés pourriront dans les égoûts
prions pour qu'ils ne soient recyclés
cinq heures
l'eau chaude de la douche sur ta peau
elle est toujours aussi douce
ce soir, c'était ton anniversaire
l'hymne acharné de ta fragilité
celle qui restera à jamais ton plus beau présent
dimanche 28 janvier 2007
samedi 20 janvier 2007
Le parapluie
ses cheveux longs bouclent en anglaises
lorsque le temps se fait pluie
il a beau dire qu'il ne tient pas à elle
ses yeux le trahissent souvent
lorsqu'il la voit s'abriter
sous le parapluie d'un autre homme
au bras plus long que lui
le vent se lève
et dérange
ce sont les parapluies et les cheveux qui s'envolent
il a beau dire qu'il ne tient pas à elle
il la souffle du regard
pour mieux voir ses jupons
et ses amants
disparaitre dans les airs
lorsque le temps se fait pluie
il a beau dire qu'il ne tient pas à elle
ses yeux le trahissent souvent
lorsqu'il la voit s'abriter
sous le parapluie d'un autre homme
au bras plus long que lui
le vent se lève
et dérange
ce sont les parapluies et les cheveux qui s'envolent
il a beau dire qu'il ne tient pas à elle
il la souffle du regard
pour mieux voir ses jupons
et ses amants
disparaitre dans les airs
dimanche 14 janvier 2007
Trève de bravitude
Oublions un instant les collections prêt-à-penser des défilés hautes-bitures, et entrons dans le monde merveilleux de l'anti-théâtre ionesquien.
Qu'en-est-il de notre Smithittude ?
Interrogeons-nous.
Ne perdons pas quelque chose de notre bonheur par le seul fait de notre complaisance quotidienne à la passivité.
Il est tellement facile de vivre, entouré de compagnions d'oubli éthylique, autour d'une bouteille de vin rouge argentin, sur un fond jazzy-groovy, et de donner des offrandes au Dieu-Sourire. Simplement. Mais ne faut-il pas, parfois, prendre conscience que tout ne va pas de soi ?
Enfermez-vous dans la machine à on, épouse Endémol. Les oiseaux morts feront le reste. Blablabla.
Parce que souvent, partout, et indéniablement, nous sommes tous des Mr. et Mrs. Smith.
Pensées de Jean-Luc Lagarce, sur La Cantatrice Chauve :
Qu'en-est-il de notre Smithittude ?
Interrogeons-nous.
Ne perdons pas quelque chose de notre bonheur par le seul fait de notre complaisance quotidienne à la passivité.
Il est tellement facile de vivre, entouré de compagnions d'oubli éthylique, autour d'une bouteille de vin rouge argentin, sur un fond jazzy-groovy, et de donner des offrandes au Dieu-Sourire. Simplement. Mais ne faut-il pas, parfois, prendre conscience que tout ne va pas de soi ?
Enfermez-vous dans la machine à on, épouse Endémol. Les oiseaux morts feront le reste. Blablabla.
Parce que souvent, partout, et indéniablement, nous sommes tous des Mr. et Mrs. Smith.
Pensées de Jean-Luc Lagarce, sur La Cantatrice Chauve :
Il est neuf heures, c'est dans la banlieue de Londres que cela se passe. Des gens attendent d'autres gens. Ils ont mangé de la soupe, du poisson, des pommes de terre au lard et de la salade anglaise, ce qui, on en convient, est assez logique dans la banlieue de Londres.
On se retrouve.
On fait connaissance, on se raconte des histoires, on passe une excellente soirée. On parle. On dit des bêtises - le scrabble, voilà un jeu intelligent ! - on s'essaie aux charades, on saute des coqs aux ânes et des vices à Versailles. Un pompier allume une bonne, il faudrait toujours se méfier du feu qui couve sous l'eau qui dort.
On se perd un peu.
On passe une assez bonne soirée. On ne devrait pas tant boire peut-être, ce n'est pas exactement le jour idéal pour commencer à fumer. On danse. Lorsqu'on aura trop mal à la terre, on se couchera par terre pour se reposer. Si on est trop joyeux, on montera sur la table. On passe une pas trop mauvaise soirée.
On fait du bruit avec la bouche.
On passe une soirée comme toutes les autres soirées, on crie, on geint, on gémit, et on chante. Jamais on ne se tait, le silence, ce n'est plus possible. Lorsqu'on a trop peur, on triche un peu. Lorsqu'on est prêt à se dévorer, on se quitte.
Chacun joue son rôle.
On pourra se revoir une autre soirée, nous recommencerons quand on veut, chaque fois qu'il le faut. Rien ne nous concerne. Jamais. Ce que nous disons, c'est juste pour parler.
On se retrouve.
On fait connaissance, on se raconte des histoires, on passe une excellente soirée. On parle. On dit des bêtises - le scrabble, voilà un jeu intelligent ! - on s'essaie aux charades, on saute des coqs aux ânes et des vices à Versailles. Un pompier allume une bonne, il faudrait toujours se méfier du feu qui couve sous l'eau qui dort.
On se perd un peu.
On passe une assez bonne soirée. On ne devrait pas tant boire peut-être, ce n'est pas exactement le jour idéal pour commencer à fumer. On danse. Lorsqu'on aura trop mal à la terre, on se couchera par terre pour se reposer. Si on est trop joyeux, on montera sur la table. On passe une pas trop mauvaise soirée.
On fait du bruit avec la bouche.
On passe une soirée comme toutes les autres soirées, on crie, on geint, on gémit, et on chante. Jamais on ne se tait, le silence, ce n'est plus possible. Lorsqu'on a trop peur, on triche un peu. Lorsqu'on est prêt à se dévorer, on se quitte.
Chacun joue son rôle.
On pourra se revoir une autre soirée, nous recommencerons quand on veut, chaque fois qu'il le faut. Rien ne nous concerne. Jamais. Ce que nous disons, c'est juste pour parler.
jeudi 11 janvier 2007
Encotonnée
Le soleil couché
les pieds endormis
j'ai les idées encontonnées
Vous prendrez bien quelques petites douceurs d'esprit ?
les pieds endormis
j'ai les idées encontonnées
Vous prendrez bien quelques petites douceurs d'esprit ?
mercredi 10 janvier 2007
Toutes des salopes
Adieu volutes
Adieu.
Il a suffit que
d'une loi
et d'une liste de résolutions
pour qu'ils cessent
d'embrasser
Dame Cigarette
Mais
maintenant
qui va m'embraser ?
L'homme qui fûme
deviendra une perle rare
de sensualité.
Adieu.
Il a suffit que
d'une loi
et d'une liste de résolutions
pour qu'ils cessent
d'embrasser
Dame Cigarette
Mais
maintenant
qui va m'embraser ?
L'homme qui fûme
deviendra une perle rare
de sensualité.
L'homme plume
Il ne veut pas pleurer
Il veut boire.
Champagne, dit-il
A en croire qu'il faudrait lui souhaiter la bienvenue sur le marché.
Je lui ai offert une épaule
au cas où, on ne sait jamais.
Il crève de ce mal-là
les sentiments...
Bois,
Bois.
Bois,
... au temps que tu voudras.
Je déposerai des lys sur la tombe
de son ancienne vie.
Il paraît qu'il renaît toujours de ses cendres.
Il veut boire.
Champagne, dit-il
A en croire qu'il faudrait lui souhaiter la bienvenue sur le marché.
Je lui ai offert une épaule
au cas où, on ne sait jamais.
Il crève de ce mal-là
les sentiments...
Bois,
Bois.
Bois,
... au temps que tu voudras.
Je déposerai des lys sur la tombe
de son ancienne vie.
Il paraît qu'il renaît toujours de ses cendres.
lundi 8 janvier 2007
Derrière les murs
Il la baise.
Il l'aime, mais ce soir, il la baise.
La lumière éteinte, il ne distingue que son ombre.
Elle est songeuse.
Elle pense à quel point elle a peur de le perdre.
Ses lèvres sont sèches.
Alors qu'il l'étreint avec force,
Il la sent jouir.
Une larme coule sur sa joue.
Il l'aime, elle le sait.
Mais son secret, c'est qu'il ne l'aime qu'à mi-temps.
Il l'aime, mais ce soir, il la baise.
La lumière éteinte, il ne distingue que son ombre.
Elle est songeuse.
Elle pense à quel point elle a peur de le perdre.
Ses lèvres sont sèches.
Alors qu'il l'étreint avec force,
Il la sent jouir.
Une larme coule sur sa joue.
Il l'aime, elle le sait.
Mais son secret, c'est qu'il ne l'aime qu'à mi-temps.
mercredi 3 janvier 2007
Love Poem
"
It was so nice
to wake up in the morning
all alone
and not have to tell somebody
you love them
when you don't love them
any more.
"
-- Richard Brautigan --
It was so nice
to wake up in the morning
all alone
and not have to tell somebody
you love them
when you don't love them
any more.
"
-- Richard Brautigan --
lundi 1 janvier 2007
new born
Et le premier qui vit ce que j'écris au pied de la lettre se prend mon coup de pied au cul.
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